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Gestion intégrée des ravageurs : comment ça marche et avantages 

Thème: Bases du biocontrôle

Thème: La lutte intégrée contre les organismes nuisibles

Vue d’ensemble

Définition de la lutte antiparasitaire intégrée

Une infographie montre le processus de lutte intégrée, y compris les stratégies de gestion, l'approche et les avantages.
L’IPM implique la combinaison de différentes stratégies de gestion agricole dans un processus en 5 étapes et présente de multiples avantages. Crédit : CABI

La lutte intégrée contre les ravageurs (IPM) est une approche de gestion des cultures respectueuse de l'environnement. Son objectif principal est de résoudre les problèmes de nuisibles tout en limitant les effets indésirables sur l'environnement et sur la santé humaine.

La FAO décrit l'approche IPM comme "l'examen attentif de toutes les techniques de lutte antiparasitaire disponibles"

La lutte intégrée contre les ravageurs comprend la mise en œuvre de divers moyens biologiques, chimiques, physiques et de techniques culturales spécifiques à chaque culture. Cette approche favorise des cultures saines et minimise l'utilisation de pesticides. La réduction de l'utilisation des pesticides réduit les risques pour la santé des personnes et pour l'environnement. La lutte intégrée contre les ravageurs est une forme durable de lutte antiparasitaire.

La lutte intégrée contre les organismes nuisibles, en tant que pratique agricole durable, vise à :

  • Gérer les dégâts causés par les organismes nuisibles de la manière la plus économique possible
  • Limiter les effets indésirables sur les personnes, les biens et l'environnement
  • Éviter les conséquences négatives pour l'agriculteur
  • Favoriser la biodiversité et la conservation
  • Protéger le droit humain à l'alimentation

Comment fonctionne l'IPM ?

Les programmes de lutte antiparasitaire intégrée comprennent un certain nombre d'étapes: évaluations des moyens de gestion, décisions et mises en oeuvre.

Les producteurs utilisent généralement une approche en cinq étapes lors de la réalisation d'un programme de lutte intégrée contre les ravageurs.

Ces cinq étapes comprennent :  

  1. L'identification des ravageurs
  1. La définition d'un seuil d'action
  1. La surveillance (monitoring)
  1. La prévention
  1. Le contrôle
Un schéma montrant l'approche en 5 étapes lors de l'utilisation de l'IPM.
Les 5 éléments clés de la lutte antiparasitaire intégrée © Carlos Vasquez

1. Identification des ravageurs

L'identification correcte de l'organisme nuisible est une étape clé dans la prise de décisions et l'utilisation de mesures ciblées. Cette étape est essentielle pour évaluer si cet organisme est susceptible de devenir un problème et pour sélectionner les stratégies de gestion appropriées.

Une mauvaise identification ou un manque d'informations sur l'organisme nuisible ciblé conduit généralement à la sélection de mesures inadaptées et à l'échec de la lutte antiparasitaire. Un échantillon du ravageur, de la maladie ou de la mauvaise herbe garantit une identification correcte. Si nécessaire, faites appel à l'expertise d’un agent de vulgarisation.

Le ravageur n'est pas toujours visible. Il faudra alors en rechercher les symptômes.

Une ressource utile à l'identification des organismes nuisibles est le Plantwise Diagnostic Field Guide. Cet outil permet de diagnostiquer les problèmes rencontrés dans les cultures et donne des recommandations pour leur gestion.

Identifier l'organisme nuisible signifie également en apprendre davantage sur son cycle de vie et sa biologie. Une meilleure connaissance de l'organisme nuisible aide à choisir la stratégie de contrôle la plus adaptée.

Vous pouvez utiliser les CABI Invasive Species Compendium pour la recherche d'informations sur les ravageurs.

un phytopathologiste avec une loupe regardant un champ de sorgho infecté par l'anthracnose
Le phytopathologiste Louis K. Prom examine des graines de sorgho infectées par Colletotrichum sublineolum, maladie causant l'anthracnose du sorgho © US Department of Agriculture (USDA), Agriculture Research Service (ARS) Photo de Peggy Greb/via Flickr (CC BY 2.0)

2. Définir un seuil d'action

La définition d'un seuil d'action est l'un des aspects les plus importants de l'IPM.

Le seuil d'intervention ou seuil d'action est le seuil à partir duquel des mesures doivent être prises pour lutter contre l'organisme nuisible. Le seuil d’intervention indique à partir de quelle densité d’organismes nuisibles (par exemple le nombre d'organismes nuisibles par unité de surface) une action directe est justifiée pour éviter ou atténuer les dégâts causés par cet organisme nuisible.

Pour définir un seuil d'action dans une stratégie IPM, il faut se demander :

  • Existe-t-il une menace économique et quel est le coût d'une action de lutte antiparasitaire?

Des mesures de lutte antiparasitaire seront prises seulement si le seuil d'action est dépassé. Le coût de la lutte antiparasitaire doit être inférieur ou égal aux pertes estimées causées par le ravageur si rien n'est fait.

  • Quels sont les risques pour la santé et la sécurité ?

Le seuil d'intervention devra être abaissé lorsqu'un organisme nuisible constitue une menace pour la santé ou la sécurité humaine. Par exemple, lorsqu'un ravageur est trouvé dans des grains ou de la farine destinés à la consommation humaine.

  • Existe-t-il un risque de dommage visuel ?

L'altération de l'apparence d'un produit peut être un sujet d'inquiétude. Les produits endommagés sont difficiles à vendre.

La définition des seuils d'action doit être basée sur un suivi régulier des cultures, ce qui nous amène à la troisième étape de la la lutte intégrée contre les ravageurs.

3. Surveillance (monitoring)

Un agriculteur et deux conseillers dans un champ de tabac faisant une observation de suivi avec un carnet
Un agriculteur accompagné de deux conseillers agricoles surveillent les ravageurs dans un champ de tabac en Argentine © CABI

La tenue de bons registres des populations de ravageurs est importante pour décider quand il est temps d'agir. Cela permet d'éviter l'utilisation de moyens de contrôle lorsque ce n'est pas nécessaire. La surveillance et la gestion des ravageurs doivent être adaptées à chaque situation.

Les seuils d'action peuvent être déterminés par exemple en fonction du :

  • Nombre moyen de ravageurs capturés par piègeage chaque semaine
  • Du pourcentage de feuilles/plantes endommagées ou infestées découvertes lors de l'examen
  • Du nombre de parasites délogés par échantillon (par exemple pour chaque battement de plante)

Suivez les cours de l'Academie du CABI sur la bioprotection pour apprendre à surveiller vos cultures et leurs ravageurs

4. Prévention

La prévention est une étape clé de la lutte intégrée contre les ravageurs. C'est la meilleure ligne de défense contre les nuisibles. Le but de la prévention est d'empêcher les populations de ravageurs d'atteindre des niveaux économiquement dommageables.

L'IPM vise à prévenir les problèmes de ravageurs. Cette méthode de lutte antiparasitaire est souvent moins chère et donne de meilleurs résultats à long terme. Même si la prévention n'élimine pas les ravageurs, elle peut en réduire le nombre et les rendre plus facile à contrôler.

Les actions préventives comprennent entre autres:

  • La sélection de l'emplacement de la culture
  • La sélection de la variété la plus appropriée
  • Les stratégie de plantation et de rotation des cultures
  • L'utilisation de biopesticides préventifs
  • Les méthodes mécaniques, physiques et culturales de protection des cultures
  • La gestion de l'eau
  • L'optimisation de la nutrition des plantes
  • La protection des habitats naturels à proximité des terres agricoles

Ces actions peuvent être très efficaces et présentent peu de risques pour l'environnement et les personnes.

5. Contrôle

un agriculteur pulvérise un produit phytosanitaire dans le champ
Un agriculteur pulvérise son champ avec un produit phytosanitaire © CABI

La lutte antiparasitaire est nécessaire lorsque les seuils d'action sont dépassés et lorsque les actions préventives ne fonctionnent plus.

La combinaison de différentes méthodes apporte de meilleurs résultats en terme de durée et d'efficacité.

Les méthodes utilisées en lutte intégrée incluent :

  • Le piégeage (par exemple les pièges à phéromones)
  • Les traitement thermiques ou cryogéniques
  • L'enlèvement physique (manuel, mécanique, etc)
  • La lutte biologique
  • L'application de pesticides

Il est important d'évaluer les effets des actions de lutte antiparasitaire et des stratégies mises en œuvre.

Ces évaluations peut être faites en conservant:

  • Un registre régulièrement mis à jour de toutes les méthodes de lutte antiparasitaire utilisées, y compris de toutes les applications de pesticides
  • Un registre des méthodes de lutte non chimiques envisagées et de celles mises en œuvre
  • Un résumé des expériences passées afin de ne pas répéter les mêmes erreurs et d'éviter de futurs problèmes

Pourquoi utiliser l'IPM ?

Une image montrant un agriculteur regardant 5 signes montrant les avantages de l'utilisation d'une approche IPM
Les avantages de l’utilisation d’une approche IPM incluent la réduction des impacts négatifs sur les personnes et l’environnement. Crédit : CABI

L'IPM offre de multiples avantages tant pour l'homme que pour l'environnement. Public Health Notes et Crop Lifeprésentent certains de ces avantages:

  • Réduction des impacts négatifs sur la biodiversité, préservation des ressources du sol et en eau. Par exemple, l'utilisation judicieuse de méthodes de contrôle alternatives prévient la disparition d'insectes bénéfiques due à l'utilisation inappropriée de pesticides chimiques.
  • Réduction des risques pour la santé des travailleurs agricoles : moins de recours aux pesticides signifie moins d'exposition et moins de problèmes de santé.
  • Réduction des risques de développement de résistance aux pesticides et de réapparition de ravageurs: la dépendance à une seule tactique de lutte augmente la probabilité d'habituation et de résistance des ravageurs. L'IPM et l'alternance de méthodes de contrôle sont bénéfiques dans la prévention de ces problèmes.

Les mesures de prévention prises dans le cadre d'un programme de lutte intégrée contribuent à prévenir les pullulations de ravageurs et permettent des économies de temps et d'argent. Pour les producteurs, l'IPM contribue à:

  • Augmenter la rentabilité de leurs cultures grâce à une meilleure lutte antiparasitaire
  • Maintenir l'accès au marché
  • Réduire le risque de restrictions sur leurs produits en raison de la présence de résidus de pesticides
  • Accroître la confiance du public

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