La Thaïlande est le premier exportateur agricole de la région ASEAN et l'un des plus importants au monde, avec des exportations dans ce secteur dépassant les 50 milliards de dollars américains par an. Porté par la demande mondiale de cultures telles que le riz, les fruits, le caoutchouc et le manioc, ce secteur fait vivre des millions de petits exploitants agricoles.
Face à une demande croissante, la Thaïlande privilégie les méthodes de gestion durable des ravageurs, notamment les biopesticides et la lutte intégrée. L’objectif est d’aider les petits exploitants agricoles à lutter contre les ravageurs des cultures tout en réduisant les risques environnementaux et sanitaires liés à l’utilisation de pesticides chimiques.
Le rôle des biopesticides en Thaïlande
Alors que de nombreux agriculteurs thaïlandais utilisent encore des pesticides chimiques, l'emploi de biopesticides se généralise. Une étude évaluée par des pairs et publiée dans Heliyon Une étude a révélé que 65 % des 300 petits exploitants agricoles interrogés utilisaient des biopesticides, tandis que 87 % continuaient de privilégier les pesticides chimiques comme principal moyen de lutte antiparasitaire. Ce constat souligne l'intérêt croissant pour les biopesticides et la nécessité d'un soutien continu, notamment par la formation, les services de vulgarisation agricole et un meilleur accès aux produits de biocontrôle, afin d'encourager une adoption plus large de solutions de protection des cultures plus sûres.
Que sont les biopesticides ?
Les biopesticides sont des produits de lutte antiparasitaire naturels dérivés d'organismes vivants tels que les bactéries et les champignons, ou d'extraits de plantes ou de minéraux. Ils sont largement utilisés en agriculture durable comme alternatives écologiques aux pesticides chimiques.
Pourquoi les biopesticides sont importants pour une agriculture durable
Les biopesticides sont moins toxiques et contribuent à la santé des sols et des écosystèmes à long terme. Ils sont également compatibles avec les stratégies de lutte intégrée.
La lutte intégrée contre les ravageurs dans l'agriculture paysanne en Thaïlande
En Thaïlande, la lutte intégrée contre les ravageurs (LIR) gagne en popularité et est de plus en plus adoptée, notamment par les petits exploitants agricoles qui recherchent des méthodes de protection des cultures plus durables. Cette approche joue un rôle de plus en plus important dans l'agriculture durable thaïlandaise, permettant aux agriculteurs de réduire l'utilisation de produits chimiques, tout en améliorant la résilience des cultures et en limitant la résistance aux pesticides.
La lutte intégrée contre les ravageurs (IPM) offre de nombreux avantages aux petits exploitants agricoles thaïlandais, notamment des conditions de travail plus sûres, des coûts de production réduits à long terme, une résistance moindre aux pesticides et la protection des composantes clés de la biodiversité agricole.
Qu'est-ce que la lutte intégrée contre les ravageurs (IPM) ?
Gestion intégrée des ravageurs (IPM) Il s'agit d'une approche durable et respectueuse de l'environnement en matière de protection des cultures. Elle combine des méthodes telles que les biopesticides, les pratiques culturales, la surveillance des ravageurs et les interventions ciblées afin de réduire la dépendance aux intrants chimiques.
L'objectif de la lutte intégrée est d'aider les agriculteurs à gérer les ravageurs tout en réduisant les risques pour leur santé et l'environnement. Elle favorise des cultures saines et minimise l'utilisation de pesticides chimiques.
Le soutien du gouvernement thaïlandais aux biopesticides
installations provinciales de production de biocontrôle
Dans le cadre d'un projet de biopesticides financé par Fondation CrodaCABI soutient le Département thaïlandais de la vulgarisation agricole (DOAE) dans la production de biopesticides dans neuf installations de production de lutte biologique.

Dans le cadre de ce projet, CABI collabore avec le DOAE afin de renforcer les capacités institutionnelles en matière de production de biopesticides grâce à des formations structurées destinées au personnel du DOAE et à l'amélioration de la production et de la formulation de biopesticides microbiens. Cette initiative devrait bénéficier à au moins 800 agriculteurs et leurs familles en facilitant l'accès à des biopesticides produits localement et en promouvant une protection des cultures plus sûre, une meilleure santé et des pratiques agricoles plus durables.
Le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation (DOAE) exploite des installations de production de biopesticides adaptés au contexte local et d'autres produits de lutte biologique, notamment des insectes prédateurs. Ces installations fournissent ensuite les produits biologiques directement aux agriculteurs ou à un réseau de Centres de gestion de la protection des cultures (CPMC) répartis dans toute la Thaïlande, qui se chargent ensuite de distribuer les biopesticides à l'ensemble de la communauté agricole.
Centres de gestion localisée de la protection des cultures
La Thaïlande a mis en place environ 3 000 centres de gestion des cultures (CPMC) à travers le pays afin d'aider les petits exploitants agricoles à utiliser des méthodes de protection des cultures plus sûres et plus respectueuses de l'environnement. Les CPMC facilitent également l'accès des agriculteurs aux biopesticides.
Les CPMC (Centres de gestion intégrée des ravageurs) servent de plateformes de connaissances et de formation, offrant aux agriculteurs des conseils sur l'utilisation des biopesticides, l'identification des ravageurs et les pratiques de lutte antiparasitaire durables. Ces centres jouent un rôle clé dans les services de vulgarisation agricole en Thaïlande, en aidant les petits exploitants agricoles à adopter la lutte intégrée.

La Thaïlande a également collaboré avec CABI pour former les agriculteurs à la réduction de l'utilisation des pesticides. Dans le cadre de son programme PlantwisePlus, CABI a dispensé 1 040 formations. Cliniques phytosanitaires en Thaïlande à 45 900 agriculteurs qui ont bénéficié d’une gamme d’options de lutte intégrée contre les ravageurs, proposées par des phytopathologistes.
Les agriculteurs ayant participé aux consultations ont déclaré avoir réduit leur utilisation de pesticides, remplacé les produits chimiques par des alternatives plus sûres et privilégié les méthodes non chimiques pour lutter contre les ravageurs et les maladies des cultures. Ceux qui ont cessé d'utiliser des pesticides ont constaté une diminution spectaculaire de leurs problèmes de santé.
Comment les agriculteurs peuvent accéder aux CPMC en Thaïlande
En Thaïlande, les petits exploitants agricoles peuvent accéder aux centres de gestion des cultures (CPMC) par l'intermédiaire des bureaux locaux du ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation (DOAE) ou des agents de vulgarisation agricole de leur village. Ces agents aident les agriculteurs à localiser le CPMC le plus proche, qui est largement réparti dans les zones rurales.

Dans les centres de gestion des agriculteurs (CPMC), les agriculteurs bénéficient du soutien d'agents de vulgarisation agricole qualifiés et d'experts qui fournissent :
- conseils sur l'identification des ravageurs et les stratégies de lutte intégrée
- conseils sur la manière d'utiliser les biopesticides de façon sûre et efficace
- accès aux biopesticides produits localement
- formation pratique, y compris la surveillance des ravageurs et les techniques d'application sécuritaires
Grâce à des formations, un soutien technique et l'accès à des biopesticides produits localement, les CPMC aident les agriculteurs à gérer les ravageurs de manière plus durable et à réduire leur dépendance aux pesticides chimiques.
L'avenir des biopesticides et de la lutte intégrée contre les ravageurs en Thaïlande
Partout en Thaïlande, ces initiatives aident les agriculteurs à adopter des pratiques de gestion des ravageurs plus sûres et plus durables. Les biopesticides et la lutte intégrée s'imposent comme des solutions pratiques pour les petites exploitations agricoles thaïlandaises. Grâce au soutien continu des initiatives gouvernementales, des services de vulgarisation agricole et de la production locale de biocontrôle, les agriculteurs réduisent progressivement l'utilisation de pesticides et adoptent des approches intégrées de protection des cultures. Si ces efforts se poursuivent, les biopesticides joueront un rôle important en Thaïlande pour soutenir la protection des cultures, améliorer leur résilience et renforcer une agriculture durable à long terme.